Je lis des vieux livres
parce que les pages tournées de nombreuses fois et marquées par les doigts ont plus de poids pour les yeux,
parce que chaque exemplaire d’un livre peut appartenir à plusieurs vies.

Erri de Luca

 

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Nouvelle mosaiquee scene

Nouvelle Mosaïque


Focus sur...


Nouvelle Mosaïque : Revue universelle, pittoresque et anecdotique de l'Histoire, des Voyages, de la Littérature, des Sciences et des Arts : ornée de 342 vignettes, Représentant la physionomie, les costumes, les monuments, les moeurs et usages des peuples, les curiosités de la nature dans les trois règnes : D'après les observations les plus récentes faites dans les cinq parties du monde.

Titre typique du 19e siècle, long mais complet !


Ouvrage de type encyclopédique, comportant 399 pages et 342 gravures, paru en 1843 à Paris chez la Veuve Desbleds (libraire) et imprimé par Moquet et Hauquelin (Paris).

Le ou les auteurs ne sont malheureusement pas connus. Nous avons pu établir toutefois qu'il s'agit de la première édition d'une publication qui s'est répétée sous une même forme, au moins jusqu'en 1849 (le plus ancien exemplaire de la Bibliothèque nationale de France date de 1849). Notons également que des signatures apparaissent sur plusieurs articles, il s'agit certainement de la source lorsque le texte est emprunté à un autre ouvrage.

Pour la petite histoire de ce livre en particulier, il a appartenu Monsieur Moreau, greffier à Coulanges-la-Vineuse, en Bourgogne (Yonne), au sud d'Auxerre.


Cet ouvrage paraît en pleine période romantique.

Le romantisme qui a débuté au 18e s. en Allemagne et en Angleterre, est porté en France au 19e s. par des auteurs majeurs tels que François-René de Chateaubriand (1768-1848), Alphonse de Prat de Lamartine (1790-1869), Alfred de Vigny (1797-1863), Victor Hugo (1802-1885), George Sand (1804-1876), Gérard de Nerval (1808-1855) ou encore Alfred de Musset (1810-1857).

Ce mouvement littéraire fait notamment une large place aux sentiments personnels, à la nostalgie, aux passions, à la nature, au rêve et à l'imagination. "Il plane sur la France, et plus particulièrement sur les artistes, une sorte de nostalgie, d'angoisse existentielle et de mal de vivre. On parle de mal du siècle" (Anne-Claire Duchaussoy, La littérature française pour les débutants, 2010, p.167).

Trois éléments partageaient donc la vie qui s'offrait alors aux jeunes gens : derrière eux un passé à jamais détruit, s'agitant encore sur ses ruines, avec tous les fossiles des siècles de l'absolutisme ; devant eux l'aurore d'un immense horizon, les premières clartés de l'avenir ; et encore ces deux mondes... quelque chose de semblable à l'Océan qui sépare le vieux continent de la jeune Amérique, je ne sais quoi de vague et de flottant, une mer houleuse et pleine de naufrages, traversée de temps en temps par quelque blanche voile lointaine ou par quelque navire soufflant une lourde vapeur ; le siècle présent, en un mot, qui sépare le passé de l'avenir, qui n'est ni l'un ni l'autre et qui ressemble à tous deux à la fois, et où l'on ne sait, à chaque pas qu'on fait, si l'on marche sur une semence ou sur un débris.

(Alfred de Musset, La confession d'un enfant du siècle, 1836).

Nouvelle Mosaïque nous paraît s'inscrire dans ce mouvement romantique ou du moins est-il le reflet de son époque.

Les articles, d'inégales longueurs, souvent sous la forme d'anecdotes et de disgressions, abordent des sujets très divers, selon deux thèmes majeurs :

  • la nature (animaux, plantes, insectes, sites naturels...)
  • les sociétés humaines (considérations ethnologiques, moeurs, morale, histoire, architecture, technique, villes et pays du monde...).

 

 

Le Jardin des Plantes

Nouvelle Mosaïque [...], op. cit., pp.5-12 :

Le Jardin des Plantes : Cette admirable encyclopédie des sciences naturelles que des gens de cour ont voulu nommer Jardin du Roi, et que le peuple persiste à appeler Jardin des Plantes, est, sans contredit l'établissement de ce genre le plus vaste et le plus complet qui existe dans le monde. [...]

Un médecin de Paris a eu une idée originale. Un jour que ses malades de la ville lui laissaient quelque repos, il lui est venu en pensée d'aller tâter le pouls... aux bêtes féroces. M. le docteur Dubois s'est donc dirigé vers le Jardin des Plantes, et, assisté toutefois des prudentes mesures de M. Frédéric Cuvier et de M. Emmanuel Rousseau, il s'est introduit résolument dans les cages de fer des lions, des tigres, des panthères, des hyènes. [...]
On se transporte de ce pas dans le palais de l'éléphant, de ce bon et intelligent animal, non moins remarquable sous ce rapport que sous celui de sa taille. Sa grandeur semble avoir compris l'honneur scientifique qu'on veut bien lui faire et se montre flattée d'une telle visite. Le volumineux personnage se prête avec une rare complaisance à toutes les explorations et investigations autant que le lui pemret sa masse. Il prend volontiers les poses les plus commodes aux observations ; il relève doucement de lui-même son pesant fémur pour laisser mieux tâter l'espace inguinal traversé par la principale artère. Il va même jusqu'à abaisser gracieusement vers le sol tout le poids de son corps pour faciliter à l'observateur l'application de l'oreille sur la région cardiaque. Cette mansuétude,cette bienveillance, toutes ces délicates attentions du noble animal ont pourtant été inutiles. Il n'a pas été possible à l'observation la plus immédiate d'arriver à travers l'épaisseur du derme et des chairs à la preception des battemens, soit des artères, soit du coeur.

Bâteaux à vapeur

Nouvelle Mosaïque [...], idid., pp.19-21 :

Bâteaux à vapeur : Vincent de Beauvais, ancien historien, soutient que le premier inventeur des machines à vapeur fut le célèbre Cerbert, pape, sous le nom de Silvestre II, qui dès le dixième siècle, avait construit des horloges et orgues se mouvant par la vapeur. La force élastique de la vapeur, récemment appliquée aux bateaux, est une puissance motrice qu'on ne pouvait pas espérer obtenir en mécanique. [...] Depuis, il a été imaginé une machine à très-haute pression, et qui paraît devoir l'emporter sur toutes. Son mécanisme consiste en un vase métallique très-épais et d'une capacité médiocre ; ce vase est rempli d'eau que l'on chauffe à deux cents et quelques degrès. [...]
En France, ce ne fut qu'à la fin du règne de règne Napoléon que quelques bateaux à vapeur furent construits, et comme le principal inconvénient de ces moyens de navigation consistait dans le bris trop fréquent et très-dangereux des chaudières, l'emploi des machines à vapeur à haute pression, qui est très-ordinaire aux États-Unis, ne fut permis qu'autant que les chaudières auraient été soumises à des épreuves qui furent déterminées. Ces chaudières, ou bouilloires, doivent être non en fonte, mais en fer forgé ou en cuivre, et garnies de plaques métalliques qui se fondent à un certain degré de chaleur, et permettent ainsi à la vapeur de s'échapper sans danger.

Cathédrale de Cordoue

Nouvelle Mosaïque [...], ibid., pp.53-54 :

Cathédrale de Cordoue : La cathédrale de Cordoue est un livre. C'est toute l'histoire religieuse de l'Espagne, depuis les temps les plus reculés. Aujourd'hui elle comporte encore vingt-neuf nefs dans sa longueur, et dix-neuf dans sa largeur. Elle a un transept et un choeur, bâtis pendant le XVIe sicèle, des chapelles latérales, un dôme mauresque. Mais de nombreux replâtrages ont gâté le style ancien, de sorte que le monument est moitié chrétien, moitié arabe, et malgré la beauté merveilleuse de ses détails, on sent combien Charles-Quint avait raison de dire, quelques années après avoir accordé au chapitre la permission de détruire ce fameux plafond de mélèse dont j'ai parlé : "Je ne savais pas ce qu'il en était ; sans cela je n'aurais pas permis qu'on touchât à l'oeuvre ancienne ; car vous faites ce qui peut exister autre part, et vous avez défait ce qui était unique dans le monde".
En entrant, il semble qu'on va se promener dans un de ce palais féériques des
Mille et une Nuits, tout rayonnants de lumière, de jaspe et d'or, et cependant la pensée chrétienne ne s'en échappe point, comme de nos immenses voûtes gothiques ; l'air qui passe au travers des zig-zags qui soutiennent toutes ces basses colonnes, est prisonnier, et voudrait plus d'espace. [...]
À part quelques vieillards récitant le chapelet, et quelques caballeros (cavaliers) qui n'ont pas abandonné la religion de leurs pères, vous rencontrez dans les églises des personnages causant, crachant, toussant, faisant la promenade, et regardant les femmes. Ils sont entrés par le portail, et sortent par le portail, après avoir fait juste le tour de l'église. Reste une dernière distraction qui, heureusement, n'est point à craindre chez nous ; les chiens entrent dans les églises aussi bien à Cordoue qu'à Madrid. (Fr. littér.)

Le Pont du Diable

Nouvelle Mosaïque [...], ibid., p.58 :

Le Pont du Diable : Le passage du Saint-Gothard est l'une des plus curieuses courses qu'on puisse entreprendre, en quittant le canton de Lucerne.
C'est à Fluelen que commence la chassée du Saint-Gothard ; plus le voyageur s'élève, plus il admire cette route qui circule au milieu des précipices, qui perce d'immences rochers, et paraît comme suspendue au-dessus d'affreux abîmes par des arches hardiment jetées d'un flanc à l'autre. [...]
Des parois nues et perpendiculaires flanquent des gouffres inabordables : sur les entassements de schistes brisés, s'élèvent, comme des tours, rochers sur rochers, dont les échos répètent et doublent le fracas des eaux impétueuses. Il n'est donc pas étonnant que, dans les temps passés, l'imagination de bergers solitaires ou de timides voyageurs ait peuplé ces formidables déserts de démons et de spectres infernaux, surtout dans le voisinage du Pont-du-Diable.
(Suisse pitt.)

Naples

Nouvelle Mosaïque [...], ibid., pp.167-170 :

Naples : Rome n'est point encore le Midi : on en pressent les douceurs ; mais son enchantement ne commence véritablement que sur le territoire de Naples. Ce qui manque souvent à la campagne d'Italie, ce sont les arbres ; l'on en voit dans ce lieu en abondance. La terre d'ailleurs y est couverte de tant de fleurs, que c'est le pays où l'on peut le mieux se passer de ces forêts, qui sont la plus grande beauté de la nature dans tout autre contrée. [...] La transparence de l'air, la varitété des sites, les formes pittoresques des montagnes, caractérisent si bien l'aspect du royaume de Naples, que les peintres en dessinent les paysages de préférence. [...]
Toute la montagne qui domine Terracine est couverte d'orangers et de citronniers, qui embaument l'air d'une manière délicieuse. Le parfum méridional des citronniers en pleine terre produit sur l'imagination presque le même effet qu'une musique mélodieuse ; il donne une disposition poétique, excite le talent, et l'enivre de la nature. [...]
Les palais de Naples ne sont pas d'un meilleur goût que celui des églises ; cependant le palais royal est un édifice remarquable. Il donne d'un côté sur la mer, et de l'autre sur une grande place. L'architecture est belle. [...]
Il n'y a pas en Europe une ville où le nombre des artisans manufacturiers et citoyens actifs, employés à des travaux utiles, soit aussi petit et aussi borné qu'à Naples, en comparaison de sa population. [...]
La paresse et l'ignorance, combinées avec l'air volcanique qu'on respire dans ce séjour, doivent produire la férocité, quand les passions sont excitées ; mais ce peuple n'est pas plus méchant qu'un autre. [...]
On voit des Clabrois qui se mettent en marche pour aller cultiver les terres, avec un joueur de violon à leur tête, et dansant de temps en temps pour se reposer de marcher. [...]
Il est vrai que c'est le peuple du monde qui aime le plus l'argent : si vous demandez à un homme du peuple votre chemin dans la rue, il tend la main après avoir fait un signe ; car ils sont plus paresseux pour les paroles que pour les gestes : mais leur goût pour l'argent n'est point méthodique ni réfléchi ; ils le dépensent aussitôt qu'ils le reçoivent. [...]
Mais au milieu de cette ignorance, il y a un fonds d'esprit naturel et d'aptitude à tout, tel, qu'on ne peut prévoir ce que deviendrait une semblable nation, si toute la force du gouvernement était dirigée dans le sens des lumières et de la morale. [...] enfin, l'on sort de l'intérieur de la ville pour arriver sur les quais, d'où l'on voit et la mer et le Vésuve, et l'on oublie alors tout ce que l'on sait des hommes.

L'Océanie

Nouvelle Mosaïque [...], ibid., pp.328-331 :

L'Océanie : L'Océanie est cette cinquième partie du monde située entre l'Asie, au nord, l'Amérique, à l'est, l'Afrique, à l'ouest et l'Océan antarticque au sud. Sa superficie, développée sur l'immence Océan, embrasse plus de la moitié du globe, mais ne se compose que d'îles plus ou moins grandes, et dont la principale est proprement le cinquième continent, qui a reçu d'abord le nom de Nouvelle-Hollande, à cause des Hollandais qui la découvrirent, mais qui s'appelle aujourd'hui Australie. [...]
Les montagnes y sont élevées et nombreuses, ainsi que les volcans que l'on fait élever au nombre de plus de cinq cent cinquante. Les rivières les plus considérables sont celles de la Nouvelle-Hollande [...]. On y trouve des mines d'or, de diamants, d'étain, de sel et de soufre. La végétation y est luxuriante ; plusieurs parties offrent d'épasisses forêts, où dominent le palmier, les bois de sandal, l'arbre à pain ; les arbres frutiers abondent, la canne à sucre y croit [...]. Le règne animal n'est pas moins bien partagé, excepté les grandes espèces qui n'y sont pas généralement répandues [...]. On y rencontre de nombreuses espèces d'oiseaux, entre autres, les perroquets et les kakatoès, le superbe oiseau de paradis, le cygne noir, la salangane, qui avale l'écume de la mer ou plutôt le frai du poisson, et dont le nid est recherché par les gastronomes chinois ; l'oiseau mouche au brillant plumage et la ménure dont la queue s'élève en forme de lyre, tandis que l'ornithorinque étale une forme bizarre.
Si l'on examine les habitants, on voit que les Malais et les noirs dominent. À ces deux souches principales qui sont indigènes à l'Océanie, il faut ajouter les nations étrangères que le commerce et la politique y ont conduites. Les habitants de Java sont le peuple le plus civilisé de l'Océanie ; ils ont la littérature la plus riche et la plus importante du monde maritime, de même que les Malais, renommés pour leur habileté dans les entreprises commerciales. [...]
Avant l'arrivée des Euroépens, les Polynésiens étaient esclaves de la terrible supersitition du Tabou. Un mot du prêtre, un songe ou quelque pressentiment involontaire, donnent-ils à penser à un naturel que son dieu est irrité, soudain il impose le tabou sur sa maison, sur ses champs, sur sa pirogue, c'est-à-dire qu'il se prive de l'usage de tous ces objets, malgré la gêne et la détresse auxquelles cette privation le réduit. Dans cet état, personne ne peut approcher l'objet taboué sans encourir les peines les plus sévères. L'individu soumis personnellement à l'action du tabou est exclu de toute communication avec ses compatriotes ; dès-lors, au pouvoir immédiat de la divinité et interdit à tout profane contact ; il ne peut se servir de ses mains et il doit ramasser ses aliments avec sa bouche à la manière des animaux. [...]
L'industrie et le commerce de l'Océanie ont leur véritable siège dans l'Archipel indien ; il est envahi par les Chinois, qui, parmi les étrangers, surpassent à cet égard les Anglais. La fabrication fournit de beaux tissus de l'écorce du mûrier ; elle produit de belles nattes, des manteaux, des pirogues et des armes qui sont des chefs-d'oeuvre d'élégance [...].
À l'égard des moeurs et coutumes océaniennes, elles ont pour principaux caractères le tatouage, la polygamie et l'anthropophagie. Le tatouage est assez général, et l'esclave y existe également. Dans plusieurs parties, en Australie, surtout, le sort des femmes, n'est guère préférable à celui de la brute. [...]
Ailleurs, les femmes sont bien traitées, malgré leur multiplicité et celle des concubines pour un seul mari ; il en est d'autres qui sont encore mieux traitées et sur le pied d'égalité avec les hommes. [...]
Tel est l'aperçu général que présente l'Océanie.

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